Polar Sea 360°

Épisode 10

Des Lendemains qui Déchantent

Cap au sud Map it

De Richard Tegnér, architecte suédois et bateau-stoppeur dans l’Arctique. Richard a débuté son périple sur un petit voilier. À Pond Inlet, il a embarqué à bord du bateau polaire Akademik Ioffe et achève la traversée du passage du Nord-Ouest sur le catamaran Libellule.

9 Septembre - Mer de Beaufort

Après avoir passé Pointe Barrow, nous mettons le cap vers le sud-ouest. Les oiseaux sont nettement moins nombreux et l’air a une odeur de terre. Dans la mer de Beaufort, on ne sentait presque rien. Ce sont des changements subtils, mais je les remarque. Je me remémore les contrastes que j’ai expérimentés tout au long de cette traversée: le contraste de températures dans le passage du Nord-Ouest ; la différence entre le spectaculaire archipel canadien et la côte d’Alaska avec sa morne toundra sans grand intérêt. Désormais, on mange du carpaccio de betteraves en conserve et une pâte à tartiner au saumon, noix de coco, feta et vinaigre balsamique. Compte tenu de notre vitesse actuelle, nous devrions arriver à Nome dans environ trois jours. L’ambiance est aux adieux.

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Passage du Nord-Ouest franchi
10 September

À 10h57, nous avons longé le cercle polaire. Nous apercevons les îles Diomède juste en face de nous : à tribord, la Grande Diomède en Russie, où de hautes falaises escarpées plongent dans la mer ; à bâbord, la Petite Diomède aux USA. Au sud, il y a une immense colonie de morses. Au début, on les a pris pour des baleines, mais la couleur brun-rouge ne collait pas. Puis on a vu aux jumelles qu’il y en avait d’autres sur la petite île rocheuse qu’on venait de passer. On s’est approché. L’eau autour du bateau grouillait littéralement de ces énormes bestiaux tonitruants, à l’haleine de sardine. Quand on s’est encore rapproché de l’île, les morses se sont jetés à l’eau en grognant, dans un nuage d’écume.

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Mon village disparaît Map it

De Colleen Swan, membre actif de la communauté de Kivalina, en Alaska, un village victime du dérèglement climatique. Colleen parle des origines de Kivalina et de la façon dont ses habitants réagissent à ces changements.

Kivalina, Alaska

J’ai vécu toute ma vie à Kivalina. Avant ma naissance, les gens habitaient dans des hameaux. Le village n’était qu’un lieu de rassemblement et un territoire de chasse saisonnier. Jusqu’en 1905. Un après-midi, alors que les hommes chassaient le phoque barbu, des navires du gouvernement ont débarqué des matériaux pour bâtir une école. Une fois l’école construite, les habitants des hameaux ont été contraints de s’installer à Kivalina. On leur a dit que s’ils n’envoyaient pas leurs enfants à l’école, ils auraient une amende ou iraient en prison. Notre village n’a dû son existence qu’à la pression du gouvernement.

Dès le départ, il y a eu des problèmes. En 1911, lors d’une réunion, les anciens du village ont exprimé leurs inquiétudes concernant les tempêtes automnales, les inondations et l’érosion. Quand j’étais adolescente, je ne me préoccupais pas spécialement de l’avenir du village. Pour moi, l’environnement semblait normal. Ce n’est qu’en 2004, l’année des grandes tempêtes d’automne, que nous est apparue la nécessité urgente de quitter l’île.

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«La seule possibilité qui s’offre à nous aujourd’hui, c’est de partir et de trouver des terres plus élevées. Ici, nous ne pouvons tout simplement pas survivre»


Nous avons l’habitude des ondes de tempêtes qui frappent notre île chaque automne, mais cette fois, c’était différent parce que nous n’avions pas de banquise pour nous protéger. En général, début octobre, la couverture de glace le long de la côte est suffisante pour contenir l’onde de tempête. Lorsque l’océan gèle, des morceaux de glace brisée s’empilent sur la plage, empêchant les vagues de déferler sur la terre ferme. En l’absence de glace, l’onde de tempête a traversé Kivalina et le trait de côte s’est effondré par pans entiers. Les habitants ont fait tout leur possible pour stopper la catastrophe, sans résultat. Les vagues s’abattaient sur l’île, inondant le centre du village comme si elles voulaient passer en force de l’autre côté de l’étroite île-barrière. Un des anciens m’a dit qu’il n’avait jamais vu des tempêtes aussi violentes ni un niveau d’eau aussi élevé de toute sa vie. C’est là que j’ai pris conscience de la gravité de notre situation.

En 2006, le Borough de Northwest Arctic a mis en place un projet de protection contre l’érosion de plusieurs millions de dollars. Sans consulter les habitants, ils ont entassé des centaines de paniers grillagés remplis de sable. De manière prévisible, la barrière a été détruite par une tempête peu de temps après son achèvement. Les chefs du village ont prétendu que cet ouvrage avait accéléré l’érosion de Kivalina. Deux ans plus tard, le Corps du génie de l’Armée américaine a construit une immense digue rocheuse pour nous protéger des ondes de tempêtes. On nous a assuré que cela nous permettrait de rester encore dix à quinze ans sur l’île.

La situation continue de s’aggraver en raison du changement climatique. Les infrastructures de base se détériorent, nous rendant plus vulnérables. Nous n’avons ni l’eau courante ni le tout-à-l’égout, et les gens ne mangent pas à leur faim. Mon peuple a toujours su s’adapter, mais cela devient de plus en plus difficile, face à la rapidité des changements. L’eau de l’océan se réchauffe, ce qui fait fondre la banquise et crée des conditions de glace très dangereuses qui nous empêchent de chasser. Depuis quelques années, nous avons remarqué que plusieurs espèces se déplaçaient vers le nord. Nous avons aussi noté des modifications des mouvements migratoires chez les oiseaux, les caribous et les phoques. Les phoques barbus jouent un rôle crucial, c’est grâce à eux que nous pouvons survivre l’hiver. Mais aujourd’hui, nous ne savons plus anticiper leurs déplacements. Notre connaissance de l’environnement et de la météo est la clé de notre survie. Nous sommes donc très sensibles aux moindres variations. Mais la nature des changements remet en question tout ce que les gens savent, ou savaient. La seule possibilité qui s’offre à nous aujourd’hui, c’est de partir et de trouver des terres plus élevées. Ici, nous ne pouvons tout simplement pas survivre.

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«Il est important dans la spiritualité inuite de vivre en harmonie avec l’environnement qui nous entoure»

Quand vous vivez sous la menace de phénomènes que vous n’avez pas déclenchés, vous éprouvez de la colère. En février 2008, nous avons engagé des poursuites contre Exxon Mobil et 23 autres compagnies pétrolières afin d’obtenir des dommages-intérêts. Nous considérons en effet que l’industrie énergétique a une responsabilité dans le réchauffement planétaire et la destruction à terme du village. Le Corps du génie de l’Armée américaine et la cour des comptes ont estimé le montant des dommages entre 95 et 400 millions de dollars.

En 2009, le tribunal de district des États-Unis a rejeté notre demande, au motif que la régulation des émissions de gaz à effet de serre était une question politique du ressort du Congrès et non des tribunaux. Nous avons fait appel plusieurs fois sans succès. Les compagnies pétrolières ont réussi à convaincre le reste du monde qu’elles n’avaient aucun impact sur le climat et que le changement climatique n’était pas une réalité, ou plutôt qu’il s’agissait d’un cycle naturel se produisant à certaines périodes.

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«Les compagnies pétrolières ont réussi à convaincre le reste du monde qu’elles n’avaient aucun impact sur le climat»

Entamer cette procédure a nécessité une longue réflexion et a provoqué de fortes tensions au sein de la communauté parce que c’était une violation de nos lois coutumières. Durant le procès, je me suis souvenue de ce que disait mon grand-père : « Si quelqu’un t’embête, ignore-le et passe ton chemin. » Il est important, dans la spiritualité inuit, de vivre en harmonie avec l’environnement qui nous entoure. Surtout pour le succès de la chasse. Si les capitaines de baleiniers rentrent bredouilles, par exemple, c’est parce qu’ils n’ont pas fait ce qu’il fallait dans leurs rapports avec les plus défavorisés. Résultat, chacun reporte la faute du manque de nourriture sur l’autre. On m’a reproché mon combat pour préserver nos coutumes sous prétexte qu’il a provoqué la discorde. Cela m’affecte au plus profond de moi parce que j’aime mon peuple. J’ai le sentiment d’avoir trahi mon grand-père et, pour cette raison, j’en veux aux compagnies pétrolières et énergétiques.

Si nous ne réglons pas ce problème maintenant, ce sont nos enfants et nos petits-enfants qui en hériteront. Nous devons trouver des vraies solutions, pas seulement sur le long terme, en cherchant à réduire les émissions de gaz carbonique, mais aussi à brève échéance, pour régler la situation à Kivalina. Certains ont le pouvoir d’améliorer les choses, mais préfèrent ne rien faire. Ce serait trop demander aux compagnies pétrolières de changer de politique, cela les priverait d’une partie de leurs bénéfices. La seule raison pour laquelle ils peuvent fermer les yeux sur ce qui se passe, c’est qu’ils ont de l’argent plein les poches et un endroit où se réfugier si les choses tournent mal.

Les habitants de Kivalina ont voté pour être relogés sur un site à quatre kilomètres d’ici, sur le continent. Mais le gouvernement prétend que cela coûterait trop cher de déménager. Ce n’est pas logique. On n’a rien fait de mal, on vit ici, c’est tout. Il ne faut pas oublier que c’est à cause d’eux si nous sommes sur cette île. Notre peuple savait depuis longtemps que ce n’était pas un bon site, mais nous n’avons pas eu le choix.

Je crois qu’il est déjà trop tard. Le climat est devenu si imprévisible que la situation ne peut qu’empirer. Nous ne pouvons strictement rien faire, à part laisser Dame Nature reprendre possession des lieux.

 

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Nome : bière et crabe royal Map it

De Richard Tegnér, bateau-stoppeur dans l’Arctique. A Nome, en Alaska, Richard prend quelques verres avec ses compagnons de voyage pour fêter la fin de leur long périple dans le passage du Nord-Ouest.

11 Septembre - Nome, Alaska

J’ai vu des arbres pour la première fois depuis des mois à notre arrivée à Nome, en Alaska. Yves a ouvert une bouteille de champagne pour le déjeuner.

Le port donne tout de suite l’impression d’un lieu très vivant. Il y a quelques années, Nome était un avant-poste endormi du sud de l’Alaska. Mais depuis la vague récente des séries télé sur les chercheurs d’or, les choses ont bien changé. Aujourd’hui, le nombre de dragues enregistrées est supérieur à 200. Dans le port, on voit des chercheurs d’or en tenue négligée, au visage buriné et barbu, fumant comme des pompiers, partout sur des pontons équipés de dragues de toutes les tailles. Selon la capitainerie, la municipalité de Nome est en train de réaménager les infrastructures portuaires pour pouvoir accueillir des cargos et des pétroliers plus gros.

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«On a commencé à fêter notre traversée du passage du Nord-Ouest à bord du Libellule, bien amarrés au môle sud»

On a commencé à fêter notre traversée du passage du Nord-Ouest à bord du Libellule, bien amarrés au môle sud. À 18h30, Nicolas et Marco du bateau Perd pas le Nord ont débarqué avec des bouteilles de vin. Leur traversée a failli se terminer tragiquement près de Pointe Barrow : ils se sont échoués sur un banc de sable et ont tenté de se dégager pendant 24 heures en pleine tempête. Ils n’ont pas réussi et ont dû être évacués par hélicoptère. Quatre jours plus tard, un remorqueur les a ramenés à leur bateau et l’a désensablé. Ils ont finalement pu rallier Nome et nous voilà tous réunis en train de trinquer à nos succès.

À 21 heures, nous sommes allés au Bering Sea Restaurant manger des steaks et boire des pichets de bière bien houblonnée. Puis on a fait la tournée des bars, histoire de s’imprégner de la culture locale. Dans l’un d’entre eux, une serveuse chauve courait dans tous les sens en distribuant des verres, lançant des blagues et encourageant les clients un peu éméchés. Les haut-parleurs crachaient de la musique rock et l’ambiance était excellente. Ensuite, nous sommes allés au Breakers Bar, un mélange de kiosque à loto, de salle de billard, de lavomatic et de bar. Une femme a gagné 250 $ au loto et nous a payé une tournée. Deux prospecteurs m’ont montré une photo de leurs trouvailles des quatre derniers jours, il avait l’air d’y avoir pas mal de pépites d’or. À 2h00 du matin, les bars ont fermé et tout le monde s’est entassé dans la rue. On a rencontré Sheila, Andrew et Arlo, qui ont continué la soirée avec nous à bord du Libellule. Arlo avait apporté sa guitare et on a fait un bœuf. Il est musicien, son style est un mélange de J.J. Cale et de Bob Dylan avec une touche de Leonard Cohen. J’ai joué ma « Ballade de la baie de Baffin » et il m’a accompagné. Puis je l’ai accompagné à mon tour sur plusieurs de ses chansons. Dehors, il pleuvait à verse. La soirée s’est poursuivie jusqu’à 4h30. Le lendemain, Philipp et Michael ont quitté le bateau pour prendre un avion à destination de l’Europe. Yves, Sylvain et moi sommes partis en voiture sous la pluie.

Tout en soignant mon mal de crâne, je repense à mon périple et me dis que ce n’est pas bon de voyager tout le temps dans le confort. On a parfois besoin d’adversité, de se geler et d’être fatigué pour apprécier une bonne bière dans un bar. Si je passais tout mon temps dans les bars, j’apprécierais moins !

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Kivalina : victime du changement climatique Map it

Par Robin Bronen, directeur du Alaska Institute for Justice, chercheur scientifique à l'université d'Alaska de Fairbanks. Robin explique comment la petite ville de Kivalina, en Alaska, est victime de l'érosion par l'océan, conséquence du réchauffement climatique et avertissement sur ce qui nous attend.

Kivalina, Alaska

Kivalina est une sorte d’île-barrière, située sur une étroite langue de terre, au nord du cercle polaire. À cause du réchauffement climatique, le littoral de Kivalina n’est plus protégé des tempêtes et des vagues par la glace de l’océan Arctique, et de ce fait il est littéralement avalé par l’océan. Cette terre, qui est le territoire de chasse des Iñupiat depuis plus de mille ans, risque d’être submergée d’ici 2025.

En septembre 2006, la construction d’une digue est votée, pour un coût de plusieurs millions de dollars. Une fois terminée, des responsables du gouvernement fédéral débarquent pour fêter l’événement. Mais une tempête survient et détruit 50 des 550 mètres de la digue. Évidemment, la fête est annulée. Un an plus tard, 250 habitants de Kivalina choisissent d’évacuer la ville, à l’approche d’une tempête risquant de provoquer des vagues de 3,6 à 4,2 mètres de haut et mettant en péril leur communauté, dont les habitations sont à seulement 3 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette triste réalité m’a poussé à orienter mes recherches sur les déplacements de population dus au climat qui ont lieu en Alaska.

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«Cette terre, qui est le territoire de chasse des Iñupiat depuis plus de mille ans, risque d’être submergée d’ici 2025»

Malgré les différentes études sur le sujet financées par le gouvernement fédéral américain et le travail sur place pendant plus d’une décennie, aucun plan n’a été mis au point pour sauver la communauté de Kivalina. Le gouvernement octroie des fonds à d’autres communautés afin de rénover et de reconstruire, mais Kivalina n’y a pas accès parce que les responsables ne pensent pas que les infrastructures sur place puissent être protégées des tempêtes. En outre, pour qu’il y ait « catastrophe naturelle », il faut qu’un événement météorologique extrême ait lieu. Or, ce qui menace la communauté de Kivalina, c’est l’érosion, et elle n’entre pas dans la définition de catastrophe naturelle dans la législation du gouvernement fédéral des États-Unis d’Amérique.

De plus, les États-Unis n’ont pas de structure officielle dédiée au relogement, ce qui signifie qu’aucune agence gouvernementale – au niveau étatique, fédéral ou tribal – n’a l’autorité de pourvoir l’assistance économique ou technique nécessaire à un relogement. Kivalina et les autres communautés dans le même cas sont victimes d’un vide juridique. Le gouvernement ne veut pas financer la rénovation de leurs infrastructures et refuse également de faciliter le relogement de la population. Un cercle vicieux dont se passerait bien Kivalina.

La situation de Kivalina n’est pas unique. Ce qu’il s’y passe est le reflet de ce qui arrivera à toutes les villes côtières. Rappelez-vous quand l’ouragan Sandy a remonté la côte est des États-Unis puis a obliqué sur la gauche pour frapper le littoral du New Jersey à marée haute. Ça a été un énorme coup de semonce pour les gens qui vivent dans cette partie des États-Unis. Cet événement a permis d’éradiquer la croyance profondément ancrée selon laquelle le changement climatique serait un phénomène lointain qu’on ne pourrait observer de notre vivant. Aujourd’hui, on a établi des cartes qui montrent à quoi ressemblera le quartier de Lower Manhattan à New York en fonction du niveau de montée des eaux. Il est sûr qu’il finira sous les eaux, la question, c’est : quand exactement ?

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«La situation de Kivalina n’est pas unique. Ce qu’il s’y passe est le reflet de ce qui arrivera à toutes les villes côtières»

À la question suivante : où iront les habitants ?, je n’ai pas de réponse. C’est déjà complexe avec des communautés indigènes de 400 à 1 000 individus, mais si on se met à parler des millions de personnes qui vivent dans les villes côtières à travers le monde, la conversation prend un tour autrement plus urgent. C’est maintenant que nous devons réfléchir aux endroits où les reloger, pas après que des milliers de gens auront succombé à une tempête.

La fonte des glaces dans l’océan Arctique est une preuve du changement climatique, de même que la hausse rapide des températures. Selon une étude récente, les températures d’octobre à Barrow, en Alaska, ont augmenté de 7,2 °C entre 1979 et 2012. En 2012, on a enregistré le niveau de glace le plus bas dans l’océan Arctique, et en 2013 les spécialistes du climat ont déclaré qu’il pourrait bien n’y avoir plus du tout de glace en été dans l’océan Arctique, et ce, dès 2020. Ceci va avoir des conséquences terribles, car l’océan Arctique est un des climatiseurs naturels de notre planète.

Partout où je vais, je rencontre des gens qui ne croient pas au changement climatique. C’est tragique, car celui-ci est bien en train de se produire. La disparition de la glace dans l’océan Arctique est tangible, c’est une preuve visible du changement climatique. Il faut vraiment que nous changions notre relation de dépendance vis-à-vis du charbon, du pétrole et du gaz. Les habitants de Kivalina, de même que ceux de Shishmaref et de Newtok, ont fait tout leur possible pour protéger leurs communautés des changements environnementaux dus au climat et sonner l’alarme quant à leur situation désespérée auprès de la délégation de l’Alaska au Congrès des États-Unis, des représentants du gouvernement et du public. Le changement climatique est un facteur de tension additionnel pour des communautés déjà stressées en raison d’un accès limité aux ressources. Les industries qui ont profité des énergies fossiles devraient impérativement apporter les ressources nécessaires à ces communautés, qui ont besoin de financement et de technologie pour s’adapter.

«La disparition de la glace dans l’océan Arctique est tangible, c’est une preuve visible du changement climatique»

J’ignore quelles décisions prendra Kivilina ou les autres communautés confrontées au problème du relogement. Il n’existe pas de chemin tout tracé. Aucune directive n’existe aux États-Unis qui informerait les communautés des étapes à suivre en vue d’un relogement. Pourtant, tous les êtres humains ont le droit d’être protégés face aux répercussions d’un changement climatique mettant leur vie en péril.

Note de la Rédaction:

Comme solution, Robin a proposé une « gestion gouvernementale flexible » reposant sur la doctrine des droits de l’homme. Face aux changements environnementaux engendrés par le réchauffement climatique et affectant l’habitabilité de leur lieu de vie, les populations pourront choisir parmi un éventail de solutions, allant de la protection sur place au déménagement. L’un des éléments clés de la doctrine des droits de l’homme est le droit à l’autodétermination. Les individus, ménages et communautés doivent pouvoir décider eux-mêmes s’ils veulent ou non déménager.

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Silence Map it

Par Thomas Wallner, producteur multimédia, scénariste et réalisateur, concepteur de jeux et producteur de Polar Sea 360°, une série-TV et un site web interactif. Thomas s’est rendu au Groenland et dans l’Arctique canadien pour filmer le tout premier documentaire à 360 degrés jamais réalisé.

Côte du Groenland

La première fois que j’ai pris conscience du silence qui règne dans l’Arctique, c’était sur la terre ferme près de Pond Inlet. Je m’étais éloigné du camp quand soudain, j’ai entendu battre des ailes. J’ai levé les yeux et j’ai vu un corbeau voler cinquante mètres au-dessus de ma tête. J’entendais le son de l’air qui se faufilait à travers ses plumes. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de l’incroyable silence qui règne dans cette contrée.

Je n’ai jamais été dans un endroit aussi calme. Le silence renforce l’impression d’immensité et a quelque chose d’angoissant : on a la sensation confuse qu’on pourrait se faire aspirer.

Trois semaines plus tôt, je tournais une série qui se déroule sur le Boréal, un paquebot qui propose des croisières le long des côtes du Groenland. Un après-midi, j’étais à bord d’un petit zodiac au large d’Ilulissat, avec un groupe de touristes et un guide, Didier Drouet, qui pilote habilement l’embarcation entre les icebergs à la dérive. Le soleil se rapprochait de l’horizon, et la glace prenait des couleurs à couper le souffle. Personne ne parlait. Le seul bruit qu’on entendait était le ronflement du moteur hors-bord. Puis Didier l’a coupé, et le silence nous a enveloppés. Mais pas pour longtemps, car bientôt, tout le monde s’est mis à parler.

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«Je n’ai jamais été dans un endroit aussi calme»

Ils parlaient fort des choses les plus insignifiantes, et j’ai eu l’impression que c’était une réaction instinctive face au silence. Tant que le moteur tournait, nous conservions un lien avec la civilisation. C’était comme un cordon ombilical auditif qui nous reliait au bateau, au brouhaha du dîner, aux annonces rassurantes du capitaine dans les haut-parleurs et au ronron constant et assourdissant des moteurs, qui, absorbé par les différentes couches d’acier de la coque, se répandait à travers elle dans tout le bateau en l’emplissant d’un vrombissement omniprésent. Au bout d’un certain temps, on ne l’entendait plus, mais on le sentait quand on touchait la coque du bout des doigts.

Tout à coup, une Britannique d’un certain âge s’est exclamée qu’elle aimerait bien entendre les sons de l’Arctique plutôt que nos vains bavardages. Sa plainte avait quelque chose de désespéré, comme si on la privait d’une expérience unique qu’elle n’aurait jamais plus l’occasion de vivre. Nous nous sommes tous tus instantanément, un peu gênés et honteux d’avoir bafoué quelque chose de sacré avec nos babillages futiles, et reconnaissants que quelqu’un y ait mis un terme. Le silence revenu, l’Arctique nous a de nouveau envoûtés. De légers sons meublaient le silence. Les mouvements de l’eau. Le craquement de la glace au loin. Un léger vent à peine audible. Le frottement de petits blocs de glace à la dérive contre le zodiac. Et à nouveau, l’immensité, cette impression de vide sidéral s’est imposée, et notre existence nous a tout à coup semblé bien fragile sur ce zodiac, au beau milieu d’une mer parsemée de blocs de glace, vaste et hostile.

Le Boréal nous attendait, inaudible, à plusieurs kilomètres de distance. J’avais l’impression de vivre une sorte de communion sacrée du silence avec des gens dont j’ignorais le nom et que je ne reverrais jamais. Puis l’un d’eux a respiré un peu plus fort. Un autre s’est raclé la gorge. Des gens qui étaient restés immobiles sur leur siège en évitant le regard des autres se sont remis à bouger. L’instant magique était passé, et Didier, notre guide, a redémarré le moteur, dont le bruit rassurant nous évitait d’avoir à reprendre nos jacassements sur le chemin du retour au bateau.

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«Et à nouveau, l’immensité, cette impression de vide sidéral s’est imposée, et notre existence nous a tout à coup semblé bien fragile sur ce zodiac»

Plus tard, pendant le dîner, Didier m’a dit qu’à chaque fois qu’il emmenait des touristes sur le zodiac, c’était la même chose : tant que le moteur tourne, personne ne parle, et quand il coupe le moteur, tout le monde se met immédiatement à parler, et ce, jusqu’à ce qu’il le rallume. Il pense que nous avons tous peur du silence, même sur une courte durée.

Une fois par an, il se rend dans une région reculée du Groenland où il passe plusieurs semaines dans la solitude la plus totale. Là-bas, il règne un silence si abyssal que son esprit se met à entendre des sons et des voix étranges. Au début, ces sons fantomatiques l’effrayaient, car il avait l’impression de devenir fou. Puis il a appris à accepter ces voix et le silence sépulcral qui s’installe à nouveau quand ces voix s’estompent. Maintenant, il en est à souhaiter les entendre.

J’ai pensé à lui quand j’ai pris une série d’avions pour rentrer chez moi en quittant Nunavut, car d’un avion à l’autre, j’atterrissais dans des endroits de plus en plus bruyants. En traversant finalement l’aéroport d’Ottawa, j’ai pris conscience de l’incroyable vacarme qui y régnait. Après un mois dans le Grand Nord, je m’étais habitué au silence, si bien que je me suis senti assailli par tous ces bruits qui m’ont littéralement donné mal au crâne. Comment pouvons-nous vivre dans ce bourdonnement constant sans devenir fous ? Les jours suivants, je m’y suis de nouveau habitué et j’ai trouvé la réponse : nous filtrons les sons, et ce déluge incessant de décibels devient aussi inaudible que la vibration des moteurs qui se propage dans la coque du Boréal. Quelle illusion est la pire ? Entendre des voix dans le silence du Grand Nord ou croire entendre le silence dans le vacarme dans lequel nous vivons ? Une chose est sûre : je n’ai jamais entendu le vent glisser sur les plumes d’un corbeau dans ma ville.

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Réaliser Polar Sea 360° À l’ére de l’adaptation

Par Kevin McMahon, réalisateur et initiateur de Polar Sea 360.° McMahon a écrit et réalisé 17 films pour Primitive Entertainment, qui produit la série. Il a travaillé dans l’Arctique pendant plus de 25 ans et se passionne depuis toujours pour les rapports que l’homme entretient avec la nature, la technologie et les paysages canadiens. McMahon relate ici la difficulté de raconter l’histoire des mutations dans l’Arctique et ce qu’il a appris lors du tournage sur l’humanité et l’avenir de notre planète.

En faisant Polar Sea 360°, nous voulions étudier le réchauffement climatique planétaire dans l’Arctique, où ses effets sont les plus flagrants et les plus spectaculaires. C’était plus facile à dire qu’à faire. Outre les difficultés inhérentes à un tournage en milieu polaire, le plus ardu a été de faire le tri entre les sujets en fonction de leur pertinence. Si vous vivez dans l’hémisphère Nord, vous savez que les phénomènes à l’œuvre dans l’Arctique sont en train de remodeler le climat ; et si vous êtes consommateur de médias, vous savez que les ours blancs voient fondre la banquise qui leur sert d’habitat. Mais derrière les faits scientifiques avérés, il y a des histoires extraordinaires liées à l’impact du changement climatique sur la biologie, la culture, l’économie, la politique et la société dans l’Arctique canadien.

Quiconque tente d’appréhender le réchauffement climatique s’aperçoit vite que son interprétation est influencée par le contexte. Que la majorité des gens qui habitent la région la plus froide du globe accueillent le réchauffement avec enthousiasme n’a rien d’étonnant. En revanche, leurs raisons peuvent surprendre, et leurs réponses au changement climatique nous affectent tous. (Par exemple, si les habitants du Grand Nord sont favorables aux forages pétroliers dans l’Arctique, les populations du sud auront du mal à l’empêcher, en dépit de campagnes sur le thème « Sauvez l’Arctique ».) Pour aborder ce millefeuille d’histoires, il a donc fallu s’intéresser à l’histoire de la région. Pour les Inuits, l’histoire récente est jalonnée de profonds bouleversements. Si vous ignorez ce fait, vous ne pouvez pas prendre la mesure de ce que représente le changement climatique dans l’Arctique à l’heure actuelle.

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Notre collègue Wolfgang Bergmann de ZDF/Arte, à l’origine du projet, nous a suggéré d’articuler notre documentaire autour du franchissement du Passage du Nord-Ouest. C’était effectivement un trait d’union parfait, car il englobe toutes les histoires dans une réalité inédite. Il y a 10 ans, il n’était pas navigable. Sa transformation d’un Graal inaccessible en une nouvelle destination touristique chic recouvre une vérité plus vaste : l’Arctique que nous avons sillonné pour faire Polar Sea 360° est un territoire entièrement nouveau, qui n’existait pas auparavant, du moins depuis l’apparition de l’humanité.

«l’Arctique que nous avons sillonné pour faire Polar Sea 360° est un territoire entièrement nouveau, qui n’existait pas auparavant»

Au cours de notre périple de 10 000 kilomètres, nous avons rencontré un formidable éventail de personnes qui, soit naviguaient dans le Passage, soit vivent dans l’archipel. Les cinq réalisateurs de la série et les équipes de tournage ont une grande expérience de l’Arctique, mais nous étions tous très conscients du fait que notre point de vue en tant que visiteurs différait de celui de ses habitants. Pour eux, l’Arctique est une terre nourricière qui subvient à leurs besoins et les réchauffe, tandis que pour les étrangers, c’est une nature sauvage implacable et hostile. Notre objectif, durant ce voyage, a donc été d’accumuler un maximum de connaissances et d’essayer de présenter les divers points de vue en toute équité.

Ce que nous ont appris les navigateurs voulant franchir le Passage du Nord-Ouest, c’est que l’Arctique reste la contrée la plus austère de la planète, a fortiori l’océan. La plupart de ceux qui tentent de le traverser échouent. Même des paquebots de croisière se retrouvent bloqués, et des sauveteurs appelés à intervenir y laissent parfois leur vie.

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«Ce n’est pas seulement l’aube de l’âge de pierre qui se profile, mais les signes précoces d’une ère d’extinction massive»

Les scientifiques, eux, nous ont expliqué que nous vivons dans un monde qui n’avait encore jamais existé. L’air « pur » de l’Arctique, mesuré depuis des décennies, a une teneur en dioxyde de carbone de plus en plus élevée. Ce qui provoque un réchauffement dont les effets sont visibles dans plusieurs écosystèmes : les tonnes de glace qui se détachent des glaciers du Groenland, la période de ponte des guillemots qui change, les milliers de caribous qui meurent de faim. Mais il ne s’agit pas seulement de ces changements et de la cascade de conséquences qui en découle. Si l’Arctique change de visage, c’est parce que la cause de tous ces ravages, à savoir l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, est auto-entretenue par un effet boomerang dont nous ignorons l’issue finale. Alors que les humains reconnaissent enfin qu’ils sont responsables du réchauffement planétaire, nous voilà confrontés à une vérité plus terrifiante : nous avons déchaîné des forces au niveau planétaire qui échappent à notre contrôle, et nous devrons batailler durant des générations pour les dompter.

Bien entendu, c’est aux habitants de l’Arctique que nous devons notre prise de conscience la plus importante. Au final, c’est leur point de vue qui donne à la question du changement climatique toute son intensité. Ils vivent dans une région tellement touchée par ce phénomène que c’est comme s’ils évoluaient en avance rapide. L’Arctique est, en outre, l’un des très rares endroits de la planète habités par des gens extrêmement réceptifs aux changements environnementaux. Les écosystèmes à New York subissent aussi des bouleversements spectaculaires, mais peu de gens s’en aperçoivent. Personnellement, j’ai voyagé plusieurs années avec des chasseurs Inuits et j’ai appris à faire confiance à leur instinct et leur jugement. Les Inuits vivent en osmose avec leur environnement depuis des milliers d’années ; ils ne connaissent pas les mécanismes de distanciation propres à la civilisation technologique. Lorsque les chasseurs me disent que les systèmes vivants de la planète sont en train de s’effondrer, je les prends très au sérieux et je comprends la nécessité d’une réponse forte.

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«Bien entendu, c’est aux habitants de l’Arctique que nous devons notre prise de conscience la plus importante. Au final, c’est leur point de vue qui donne à la question du changement climatique toute son intensité»

Les chasseurs Inuits nous ont démontré que les perturbations de la chaîne alimentaire dans l’Arctique étaient bien plus complexes qu’on ne le pensait, entraînant plusieurs réactions en chaîne. Au cours des 50 dernières années, les chasseurs ont vu leur mode de vie profondément ébranlé, au point que beaucoup comptent désormais sur les éventuels bénéfices financiers que le réchauffement planétaire pourrait générer. Que cette manne se concrétise ou non, et tout porte à croire que c’est un leurre, les arguments qui seront avancés influenceront la manière dont ces populations réagiront au renversement de leur monde.

Nous savons tous à quel point la civilisation technologique est vulnérable, avec quelle facilité le courant est coupé, le pétrole se tarit, la machine tombe en panne. Durant la Guerre froide, les plus pessimistes parlaient d’une humanité « renvoyée à l’âge de pierre à coups de bombes ». Ce que nos amis des communautés de subsistance nous disent, c’est que nous n’aurons pas autant de chance. Les ressources qui ont permis aux hommes et aux femmes de l’âge de pierre de vivre dans le bien-être sont en train de s’épuiser. Ce n’est pas seulement l’aube de l’âge de pierre qui se profile, mais les signes précoces d’une ère d’extinction massive. Et, sans vouloir fâcher personne, il faut être ignorant ou stupide pour ne pas s’en rendre compte. Nous ne pouvons pas confier aux ignorants ou aux imbéciles le soin de choisir le cap que nous devons suivre désormais. Car l’autre vérité que nous enseignent les chasseurs, c’est la nécessité d’affronter stoïquement la réalité et de s’adapter.

«Comme Richard Tegnér l’apprend à ses dépens, nous n’avons pas d’autre choix que de nous adapter au changement climatique»

Les Inuits ne craignent pas de braver des forces qui les dépassent. C’est ce qu’ils ont toujours fait face à leur environnement naturel et c’est ce qu’ils continuent de faire face à l’assaut de la civilisation technologique. Comme Richard Tegnér l’apprend à ses dépens, nous n’avons pas d’autre choix que de nous adapter au changement climatique. Cela suppose de faire tout ce qui est possible pour réduire l’émission des gaz à effet de serre et d’avoir la sagesse d’accepter que, malgré tous nos efforts pour changer, nous devrons encore subir des tempêtes, des drames et des catastrophes.

En résumé, notre ère, ainsi que celle de nos enfants et de nos petits-enfants, sera celle de l’adaptation. L’histoire de l’Arctique doit nous inspirer sur la façon d’y faire face. C’est sans doute le milieu le plus inhospitalier de la planète, et pourtant, il est peuplé depuis des milliers d’années. Si la race humaine doit vivre encore un siècle, il nous faut reconnaître que les écosystèmes de notre planète ont subi des dérèglements sans précédent, et nous devrons faire appel à toute notre sagesse, notre sensibilité, notre intelligence, nos connaissances et notre courage pour nous adapter à leur évolution.

Cela demandera des adaptations complexes, mais possibles. Chacun de nous devra se glisser dans la peau et la tête du chasseur solitaire parcourant la toundra déserte. Avec pour seules motivations : la confiance dans nos capacités à survivre, une volonté inébranlable de se battre et d’aller de l’avant, et l’acceptation d’écouter la nature et de nous laisser guider par elle.

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De Richard Tegnér, architecte suédois et heureux explorateur du passage du Nord-Ouest. Richard revient sur son voyage de quatre mois dans l’Arctique.

15 Septembre - Dutch Harbor, Alaska

Cette nuit, j’ai bien dormi malgré la forte houle. J’ai sorti un jeu de tarot pour m’amuser et j’ai tiré deux fois d’affilée l’excuse en premier. Je veux y voir un bon présage et une voie dans laquelle m’engager. Dans le livre d’or du bateau, j’ai écrit : « J’ai atteint la dernière étape de mon voyage à bord du Libellule et je vais débarquer à Dutch Harbor, Alaska. Pendant 2 450 milles marins, j’ai fait partie des membres de l’équipage, j’ai partagé leurs moments de découragement et leurs victoires. J’ai été très sensible à leur si chaleureux accueil.

«Vous pensez que vous pouvez conserver ce sentiment, mais apres que vous retournez à la maison les choses se passent un peu différent. Je espère que le sentiment restera»

C’est aussi grâce à eux que j’ai pu terminer ma traversée du passage du Nord-Ouest. Ce souvenir restera ancré comme un épisode précieux de mon voyage et comme une expérience de vie. Quand je quitterai le Libellule et son équipage, j’aurai un pincement au cœur. J’ai apprécié la générosité de Philipp et sa soif de parler de tout; Yves, toujours en train de rire et serviable; Sylvain avec ses blagues et ses mimiques ; Michael pour sa sympathie et sa curiosité. Je vous considère tous comme mes amis et vous serez toujours les bienvenus chez moi. Bonne chance à vous tous!»

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